La réalisation d'un film flat-field (PLU)

 

Cela faisait sans doute longtemps que vous vouliez photographier les planètes…Malheureusement, lors de l'acquisition des films à la webcam, vous vous rendez compte que des taches viennent gâcher le spectacle ! Il est déjà trop tard pour entreprendre une séance de nettoyage de dernière minute. Cependant, rien n'est encore perdu !

 

Avant d'affronter votre ennemi, il vous faut apprendre à le connaître. Ces petites taches ne sont en fait que des poussières qui sont venues se déposer sur la vitre protégeant le capteur de la webcam (ou directement sur le capteur, en cas d'absence de vitre). Ces poussières projettent leurs ombres sur le capteur.
La solution à ce problème est relativement simple à mettre en œuvre, suivant votre degré d'exigence personnelle : il vous suffit d'acquérir un film à la webcam en visant une plage lumineuse uniforme (PLU). Sachez que PLU, flat-field et flat désignent la même chose, les 2 derniers termes étant simplement tirés de l'anglais.

 

Plusieurs méthodes sont envisageables, mais elles requièrent toutes les mêmes conditions initiales :

 

•  Le film « flat-field » doit être réalisé après l'acquisition des films planétaires, et ce sans avoir préalablement touché à la mise au point. Les accessoire optiques utilisés pour l'acquisition des films planétaires (lentille de barlow, flip-mirror, filtres, tubes allonges,…) doivent également être restés en place (ne les enlevez surtout pas pour les remettre par la suite, pour l'acquisition du flat !). Il est primordial que la webcam n'ait pas été tournée sur elle-même, démontée et remontée car cela modifierait la position des poussières sur le film flat-field à obtenir.

 

Vous voyez maintenant pourquoi il est indispensable de réaliser le film flat-field juste après l'acquisition des images planétaires, sans attendre le lendemain ! De plus, ce film doit être le plus uniforme possible. La perfection n'étant pas de ce monde, vous vous contenterez de faire de votre mieux. Comment ?

 

Première méthode

 

Vous avez la chance d'avoir un mur blanc à quelques mètres du télescope ? Profitez-en pour réaliser votre film flat-field, en choisissant des paramètres appropriés de la webcam n'induisant pas de zones saturées. Evidemment, vu que vous êtes en pleine nuit, le mur n'est pas éclairé ! Utilisez donc un spot et tentez d'obtenir une lumière la plus uniforme possible. Réalisez ensuite un petit film avi d'une dizaine de secondes.
Pour ma part, n'ayant pas de mur blanc à portée de main (surtout dans un champ !), j'utilise la boîte de mon télescope et du pare buée pour créer une sorte de muret s'élevant à la même hauteur que le télescope. En haut de celle-ci, je place une feuille de papier vierge, que j'illumine à distance au moyen d'une grosse lampe (ma batterie Celestron PowerTank 17 Ah). J'essaye d'obtenir la lumière la plus uniforme possible, et je pose la batterie sur un endroit surélevé. Je lance ensuite une acquisition d'un film d'environ 10 secondes, à la même cadence image que le film de la planète. Le film flat-field est réalisé !

 

Seconde méthode

 

Vous pouvez construire (ou acheter) une boîte à lumière constituée par un diffuseur et plusieurs lampes. La boîte se place directement à l'avant du télescope, et elle permet d'acquérir un film flat-field de qualité sans effort !

 

Si vous voulez réaliser votre boite à flat vous-même, visitez le site de Dominique Moineau...

 

http://perso.orange.fr/dominique.moineau/HTML/Boite_a_PLU.htm

 

...ou de Nicolas Outters : http://astrosurf.com/nico-outters/astro/boiteaflat.htm

 

L'acquisition d'une boîte à flat n'est pas un investissement perdu, car elle vous sera indispensable plus tard, si vous décidez de vous lancer dans l'imagerie du ciel profond.

 

 

Troisième méthode

 

Si lors de la fin des acquisitions planétaires vous voyez arriver le lever du jour (n'attendez pas que le Soleil se lève !), vous pouvez utiliser l'uniformité du ciel du matin pour réaliser votre film flat-field. Le problème de cette technique est qu'il est nécessaire que le ciel soit clair (pour éviter de filmer des étoiles), mais pas de trop (afin d'éviter la saturation des images). De plus, si vous utilisez la technique de l'imagerie planétaire en LRGB avec une webcam couleur et une autre en n&b, vous devrez réaliser un film flat-field pour chacune des webcams présentant des poussières, et cela en tenant compte de la levée du jour !



Conclusion :

C'est la méthode n°2 qui est la plus facile à mettre en œuvre, et c'est également elle qui vous donnera les meilleurs résultats.

Pour l'imagerie planétaire en LRGB, il vous suffira de réaliser plusieurs films de la planète en n&b, puis de placer la boîte à flat au-devant du télescope tout en gardant la planète dans le champ de vision de la webcam. Vous réalisez ensuite un petit film avi des poussières (flat-field), vous retirez la boîte à flat et la webcam n&b pour placer la webcam couleur à la place. Après avoir réalisé plusieurs films de la planète en couleur, vous laissez la webcam en place, vous replacez la boîte à flat et vous réalisez un deuxième film flat-field présentant les poussières de cette nouvelle webcam (et du système optique utilisé) !

Je dois cependant vous avouer que je n'ai pas encore tenté d'obtenir un film flat-field de cette qualité. Je me suis même trompé en utilisant la première méthode tout en modifiant la mise au point. J'ai cependant obtenu des résultats positifs sous Iris, mais insuffisants (j'ai dû procéder à l'obtention d'un flat « virtuel » pour retirer toutes les crasses).

Pour la Lune, une image flat-field se révèle être souvent indispensable, car notre satellite apparaît sur l'entièreté du champ de la webcam, contrairement aux autres planètes pour lesquelles on peut « slalomer » entre les poussières.

 

Enfin, je ne saurais que trop vous conseiller de nettoyer votre capteur régulièrement, afin d'éviter d'avoir recours à ces techniques rébarbatives. Le nettoyage du capteur prend du temps, mais c'est une solution radicale !

 

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